De l’origine de la poubelle

Jusqu’à la révolution industrielle et l’exploitation massive de ressources naturelles, l’Humanité, encore peu nombreuse, utilisait des matériaux essentiellement recyclables, tels le bois, laissant relativement peu de déchets s’accumuler. Avec le développement de villes à l’Antiquité et au Moyen-Âge, le problème de la gestion des déchets a commencé à prendre de l’ampleur, ceux-ci étant directement jetés dans la rue. C’était l’affaire des chiffonniers que de ramasser les déchets dans le but de récupérer des matériaux à recycler, essentiellement des chiffons (papier), des peaux animales (fourrure), des os (colle), des métaux (métallurgie), du verre ou du papier. Les matériaux non recyclables s’accumulant dans des décharges aux abords des villes. En l’an 1400, la hauteur des déchets accumulés dans les décharges aux limites de Paris interféraient avec les défenses de la ville ! Pour autant, il aura fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour mettre en évidence le lien entre insalubrité publique et santé de la population citadine.

Dessin d'une poubelle conforme à l'arrêté de 1883

Dessin de la « boîte Poubelle » conforme à l

En France, c’est le préfet du département de la Seine qui a instauré la collecte des déchets à Paris, dont la population avoisinait déjà les deux millions d’habitants, à la fin du XIXe siècle. Par une série d’arrêtés publiés en 1883 et 1884, dont le très célèbre arrêté intitulé Enlèvement des ordures ménagères, Règlement du 7 mars 1884, Eugène-René Poubelle impose à tous les propriétaires de la capitale de mettre à disposition de leurs locataires trois récipients aux particularités bien définies : une contenance de 40 à 120 litres, un poids maximum de 10 kg, le tout fait en bois avec un intérieur en métal ne devant rien laisser s’échapper. Les trois récipients devaient permettre le tri sélectif des déchets, puisqu’une première boîte était destinée à accueillir des matières putrescibles, une seconde dédiée aux papiers et chiffons et enfin une troisième pour le verre, la faïence et les coquilles d’huîtres. En outre, la ville se chargeait de la collecte des déchets.

Ces arrêtés ont cependant connu une large opposition de la part des propriétaires parisiens. En effet, outre l’investissement dans ces récipients à ordures, ils s’accompagnaient d’une taxe spécifique d’enlèvement des déchets. Les chiffonniers, dont le travail se voyait davantage réglementé, étaient eux aussi opposés à ces textes. Cette fervente opposition aura une influence négative sur l’adoption de la poubelle en France. En effet, il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que toutes les villes de France mettent en place un système de collecte des déchets et que la poubelle, puis le bac à ordures fasse son apparition dans tous les immeubles.

Quant au mot poubelle, il puise son origine dans un article paru dans Le Figaro du 16 janvier 1884 où le journaliste parle de la boîte Poubelle (avec la majuscule). Dès 1890, le mot poubelle (avec une minuscule, cette fois-ci), fait son apparition dans le dictionnaire.

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